|
Projet
de loi de finances pour 2002
Le
Ministre de l' Economie, des Finances et de l'Industrie, Laurent
Fabius, a présenté mardi 18 septembre, en Conseil
des ministres, le projet de loi de finances pour 2002, le premier
totalement en euros.
Le
gouvernement a choisi de ne pas miser sur le pire en pariant que
la croissance serait de 2,5% en 2002, malgré les évènements
survenus aux Etats-Unis. Ce budget apparaît néanmoins
comme le plus incertain de la législature.
Le
PLF prévoit des dépenses en hausse de 2% et des
recettes en progression de 0,9%. A cet égard, on remarque
que les 6 milliards d'euros de baisse d'impôts prévue
sont pratiquement compensés par les recettes "non fiscales"
en augmentation de 5,6 milliards d'euros.
Le
déficit budgétaire est ainsi contenu à 30,4
milliards d'euros.
Concernant
les deux objectifs majeurs que sont l'emploi et la solidarité,
on retrouve les grands dispositifs mobilisés, dans le secteur
marchand et dans le secteur non-marchand : les contrats aidés,
les emplois jeunes et le programme spécifique destiné
aux jeunes en difficulté (TRACE). La possibilité
de cumul entre le RMI et les revenus d'activité serait,
par ailleurs, élargie. Au total, 4 milliards d'euros seraient
consacrés à encourager le retour à l'emploi
en 2002.
Pour
ce qui est de la sécurité, les effectifs augmenteraient
avec la création de 3 000 postes pour la police nationale
et de 1 000 postes pour la gendarmerie. En 2002, plus de 250 000
gendarmes et policiers assureraient la sécurité
du pays, soit une hausse de près de 9% depuis 1997. Il
s'agit aussi de mieux déployer ces moyens dans les zones
où ils sont les plus nécessaires.
La
justice verrait ses moyens accrus avec 3 000 emplois nouveaux.
Depuis 1997, les ressources du ministère de la justice
ont augmenté de l'ordre de 25 %.
Le
budget de l'éducation atteindrait 61,4 milliards d'euros.
Le ministère de l'éducation nationale bénéficierait
de 7 700 créations d'emplois.
Dans
le secteur de l'environnement, 300 emplois seraient créés
pour contribuer à renforcer les capacités d'expertise,
de gestion et d'animation dans ce secteur.
La
culture se verrait dotée de crédits représentant
1% du budget de l'Etat.
Au
total, l'ensemble des services publics de l'Etat bénéficierait
d'environ 15 000 créations d'emplois en 2002.
Les mesures
fiscales nouvelles du projet de loi de finances pour 2002
I
- La fiscalité étatique :
la poursuite de l'allègement fiscal en faveur des ménages
A
- Actualisation des tranches du barème
de l'impôt sur le revenu : les bas salaires favorisés
B
- Doublement du montant de la prime pour l'emploi
C
- Le relèvement des tranches
de l’impôt de solidarité sur la fortune
II
- Centenaire de la loi de 1901 :
coup de pousse à la vie associative
A
- Réduction d'impôt sur le revenu accordée
au titre des dons
B
- Assouplissement de la notion de caractère désintéressé
III
- Des mesures sociales symboliques
A
- Mesures en faveur du logement social : la revalorisation
des aides à la pierre
a
- Aménagement du calcul des revenus fonciers
b
- Exonération de contribution sur les revenus locatifs
c
- Exonération de taxe foncière sur les propriétés
bâties
B
- L'encouragement de la recherche sur les maladies qui touchent
gravement les pays en développement
IV
- Le soutien de l'activité économique dans un
sens favorable à l'emploi :
un cocktail de mesures, mais pas de grands bouleversements
A
- La poursuite des réformes engagées
B
- La reconduction pour cinq ans de la réduction d'impôt
pour souscription au capital de sociétés non cotées
C
- Harmonisation des durées et des délais d’option
des petites entreprises pour les régimes fiscaux simplifiés
D
- Modernisation et transparence des opérations de développement
des entreprises
E
- Aménagement des régimes d'exonération
applicables en zone franche urbaine et en zone de redynamisation
urbaine
V
- Politique fiscale "verte" :
La protection de l'environnement combinée à l'économie
d'énergie
A
- Extension du crédit d'impôts pour dépenses
de gros équipements aux dépenses d'acquisition de
matériaux d'isolation thermique et d'appareil de régulation
de chauffage
B
- Extension et majoration du crédit d’impôt pour
l’acquisition de véhicules propres
C
- Amélioration du dispositif de réduction de
taxe professionnelle et de taxe foncière pour les investissements
destinés à économiser de l'énergie
D
- Prise en compte des travaux de désamiantage
E
- Prorogation de l'amortissement exceptionnel des biens destinés
à économiser l'énergie et des équipements
de production d'énergies renouvelables
VI
- Mesures de simplification et de modernisation du paiement
des impôts
A
- Supprimer l'obligation d'informer l'administration en cas
de dispense ou de réduction d'acompte de certains impôts
B
- Obtenir le sursis de paiement sans avoir à constituer
de garanties pour les réclamations de faible montant
C
- Elargir le paiement par virement de certains impôts
D
- Simplifier des modalités de recouvrement de la participation
des employeurs à l'effort de construction
VII
- Soutien de la place financière de Paris et prise en
compte de la dimension européenne de la vie économique
A
- Ouverture des plans d'épargne en actions aux actions
européennes et aux placements dans l'innovation
a
- L'ouverture du PEA aux titres de sociétés européennes
b
- Le financement de l'innovation
c
- Un relèvement de plus de 30% des plafonds de versement
sur le PEA
B
- Modernisation du régime fiscal des fonds communs de placement
à risques et des fonds communs de placement dans l’innovation
a
- Elaboration d'un tronc commun légal pour l'ensemble des
fonds
b
- Adaptation de la fiscalité aux cycles d'investissement
des fonds
c
- La réduction d'impôt pour souscription de parts
de FCPI serait prorogée pour cinq ans
VIII
- La prise en compte d'une jurisprudence de la C.J.C.E. :
L'ouverture d'un droit à déduction de la taxe sur
la valeur ajoutée pour les dépenses de gazoles utilisés
comme carburants dans les véhicules exclus du droit à
déduction
IX
- Compensations allouées aux collectivités territoriales
au titre des rôles supplémentaires de taxe professionnelle :
la fin d’un contentieux récurrent entre l’Etat et les collectivités
territoriales
I
- La fiscalité étatique : la poursuite de l'allègement
fiscal en faveur des ménages
Si
le gouvernement affiche sa volonté de rassurer les ménages,
le PLF ne recèle pas de réelles surprises.
A
- Actualisation des tranches du barème de l'impôt
sur le revenu : les bas salaires favorisés
La
baisse des taux d'imposition applicables aux revenus de 2001 a
d'ores et déjà été votée dans
la loi de finances pour 2001 (dans le cadre du plan triennal de
réforme et d'allégement des impôts arrêté
par le Gouvernement pour la période 2001-2003) :
|
Tranches
du barème
|
Taux
de l’impôt 2002 (revenus 2001)
|
|
1ère
tranche
|
7,5
|
|
2ème
tranche
|
21
|
|
3ème
tranche
|
31
|
|
4ème
tranche
|
41
|
|
5ème
tranche
|
46,
75
|
|
6ème
tranche
|
52,
75
|
Il est en outre proposé,
dans le cadre du présent projet de loi, d’actualiser les
tranches du barème de l’impôt sur le revenu ainsi
que les seuils et limites liés à ce barème :
|
Objet
de la limite ou du seuil
|
Montant
proposé
(exprimé en euros)
|
|
Limites
des tranches aux nouveaux taux de :
7,5
%
21
%
31
%
41
%
46,75
%
52,75
%
|
4
121
8
104
14
264
23
096
37
579
46
343
|
|
Plafonnement
de chaque demi-part de quotient familial
|
2
017
|
|
Plafonnement
de la part entière de quotient familial accordée
au titre du premier enfant à charge des personnes
vivant seules et élevant seules leurs enfants
|
3
490
|
|
Plafonnement
de la demi-part supplémentaire accordée aux
personnes célibataires, divorcées ou veuves
sans charge de famille et ayant élevé un enfant
âgé de plus de 26 ans et imposé distinctement
|
964
|
|
Réduction
d’impôt accordée au titre de la demi-part supplémentaire
accordée aux contribuables anciens combattants, invalides
ou parents d’enfants majeurs âgés de moins
de 27 ans et imposés distinctement.
|
570
|
|
Plafond
de la décote
|
380
|
|
Montant
de l’abattement accordé en cas de rattachement d’un
enfant majeur marié ou chargé de famille
|
3
824
|
|
Montants
des seuils et plafond de la déduction forfaitaire
de 10 % pour frais professionnels appliquée aux traitements
et salaires
|
364
797
12
229
|
|
Montant
des seuil et plafond de l’abattement de 10 % appliqué
aux pensions
|
323
3
160
|
|
Montant
du plafond de l’abattement de 20 % appliqué aux traitements
et salaires
|
111
900
|
B
- Doublement du montant de la prime pour l'emploi
Les
taux de la prime de 2,2% et 5,5% seraient portés respectivement
à 4,4% et 11% (458 euros pour un titulaire du SMIC).
Par
ailleurs, les diverses limites prévues pour l'application
de la prime seraient actualisées en fonction de l'évolution
prévisible des prix (estimée à 1;6%)
Les
suppléments de rémunération perçus
par les salariés au titre d'un séjour à l'étranger
et les indemnités des élus imposées par voie
de retenue à la source seraient désormais pris en
compte pour la détermination du revenu de référence.
Enfin,
les plus ou moins values professionnelles à long terme,
qui ne constituent pas, au sens strict, un revenu d'activité
professionnelle, seraient exclues de l'assiette de la prime.
C
- Le relèvement des tranches de l’impôt de
solidarité sur la fortune
Il
est proposé de relever les seuils des tranches d’imposition
à l’impôt de solidarité sur la fortune
en
proportion de la hausse prévisible des prix en 2001, soit
1,6%.
|
Fraction
de la valeur nette taxable du patrimoine
|
Tarif
applicable
(en
pourcentage)
|
|
N’excédant
pas 728 000 €
|
0
|
|
Comprise
entre 728 000 € et 1 183 000 €
|
0,55
|
|
Comprise
entre 1 183 000 € et 2 348 000 €
|
0,75
|
|
Comprise
entre 2 348 000 € et 3 646 000 €
|
1
|
|
Comprise
entre 3 646 000 € et 7 060 000 €
|
1,3
|
|
Comprise
entre 7 060 000 € et 15 489 000 €
|
1,65
|
|
Supérieure
à 15 489 000 €
|
1,8
|
Le
gouvernement revient à la charge cette année alors
que les députés communistes avaient obtenu l'année
dernière l'ajournement de cette disposition.
II
- Centenaire de la loi de 1901 : coup de pousse à la
vie associative
Deux mesures sont destinées
aux associations.
A
- Réduction d'impôt sur le revenu accordée
au titre des dons
Le
plafond de prise en compte des dons ouvrant droit à la
réduction d'impôt serait relevé, à
compter de l'imposition des revenus de 2001, de 6% à 10%
du revenu imposable du donateur.
On
note également la suppression expérimentale de l'obligation
de joindre des pièces justificatives pour l'obtention de
la réduction d'impôt en cas de télétransmission
de la déclaration d'ensemble des revenus.
B
- Assouplissement de la notion de caractère désintéressé
Il
est proposé, sous certaines conditions, que le caractère
désintéressé de la gestion des associations
ne soit pas remis en cause au seul motif que certains de leurs
dirigeants sont rémunérés.
III
- Des mesures sociales symboliques
On retient surtout
l'encouragement du gouvernement à l'adresse des propriétaires
incités à loger des personnes défavorisées.
A
- Mesures en faveur du logement social : la revalorisation
des aides à la pierre
En particulier, le
gouvernement élargit une disposition qui ne concernait
jusqu'alors que les étudiants et les RMIstes. Les services
fiscaux apprécieront la situation en fonction des ressources
des locataires.
a
- Aménagement du calcul des revenus fonciers
Le
taux de la déduction forfaitaire sur les revenus fonciers
serait porté de 14% à 50% pour les revenus des trois
premières années de location des logements qui répondent
à certaines normes d'habitabilité et qui sont loués,
par des particuliers ou des sociétés non passibles
de l'impôt sur les sociétés, à des
personnes aux ressources très modestes.
Cette
situation serait donc appréciée désormais
en fonction d’un niveau de ressources et non plus du statut des
personnes.
Le
bailleur serait tenu de prendre l'engagement de louer le logement
nu, à usage d'habitation principale du locataire, pendant
une durée minimale de trois ans.
b
- Exonération de contribution sur les revenus locatifs
Une
exonération serait instituée en faveur des logements
conformes à des normes d'habitabilité définies
par décret et appartenant à des organismes sans
but lucratif qui les mettent à la disposition de personnes
défavorisées. Ces organismes devraient avoir été
agréés à cet effet par le représentant
de l'Etat dans le département.
A l'inverse,
cette contribution s'appliquerait désormais aux loyers
perçus par les filiales de la Caisse des dépôts
et consignations qui n'ont pas d'activité de logement social.
c
- Exonération de taxe foncière sur les propriétés
bâties
Afin
de faciliter la construction de logements sociaux, notamment de
résidences sociales fortement subventionnées, il
est proposé, pour l'appréciation de la condition
de financement prévue pour l'obtention de l'exonération
de longue durée de la taxe foncière :
- d'étendre
à l'ensemble des logements sociaux financés avec
des prêts PLUS (prêt locatif à usage social)
et PLA-I (prêt locatif aidé d'intégration)
de la Caisse des dépôts et consignations la prise
en compte des prêts consentis au titre de la participation
des employeurs à l'effort de construction ;
- et
de tenir compte pour les logements ainsi financés de l'ensemble
des subventions versées par l'Etat, les collectivités
territoriales et les établissements publics de coopération
intercommunale.
B
- L'encouragement de la recherche sur les maladies qui touchent
gravement les pays en développement
Il
est proposé de créer un mécanisme d'encouragement
à la recherche sur les maladies infectieuses affectant
fortement les pays en développement et tout particulièrement
le continent africain avec le sida.
A cet
effet, les matériels susceptibles de bénéficier
de l'amortissement dégressif qui sont consacrés
principalement, pendant leur durée normale d'utilisation,
à la recherche ou au développement de traitements
contre les maladies infectieuses touchant gravement les pays non
membres de l'Organisation de coopération et développement
économiques ainsi que les bâtiments construits pour
abriter des laboratoires confinés destinés à
la recherche sur ces maladies, pourraient faire l'objet d'un amortissement
exceptionnel sur douze mois à compter de la date de leur
mise en service.
La
liste des maladies infectieuses et les caractéristiques
du confinement des laboratoires seraient fixées par un
arrêté conjoint du ministre chargé de la santé
et du ministre chargé du budget.
Cette
mesure serait applicable aux biens acquis ou fabriqués
entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2005 au titre
des exercices clos à compter du 31 décembre 2001.
IV
- Le soutien de l'activité économique dans un
sens favorable à l'emploi : un cocktail de mesures, mais
pas de grands bouleversements
On
remarque tout de même que, pour la première fois
depuis 1991, les rentrées d'impôts sur les sociétés
vont diminuer en valeur absolue en 2002.
A
- La poursuite des réformes engagées
La
contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés
(surtaxe Juppé) est ramenée à 3% pour les
exercices clos en 2002.
La
suppression (engagée en 1999) de la part salariale de l'assiette
de la taxe professionnelle touche de plus en plus de sociétés
: 1 194 000 en 2002 (sur un total de 1 200 000 sociétés
qui sera atteint en 2003).
Sur
la fraction de leurs bénéfices inférieure
à 38 112 €, les entreprises PME sont imposées au
taux de 25% en 2001 et de 15% au titre des exercices ouverts à
compter du 1er janvier 2002.
Elles
bénéficient toujours du relèvement des limites
du régime des micro-entreprises et de la franchise en base
de TVA (loi de finances pour 1999), de l'allégement des
droits d'enregistrement (loi de finances pour 2000) et de la diminution
de la taxe sur les salaires (loi de finances pour 2001).
B
- La reconduction pour cinq ans de la réduction d'impôt
pour souscription au capital de sociétés non cotées
Afin
de mobiliser une épargne de proximité au profit
de la création et du développement des PME non cotées,
il est proposé de reconduire pour cinq ans soit jusqu'au
31 décembre 2006 la période d'application de cette
réduction d'impôt.
Les
plafonds annuels des versements ouvrant droit à réduction
d'impôt seraient de 6 000 € pour les personnes seules et
12 000 € pour les couples mariés.
C
- Harmonisation des durées et des délais d’option
des petites entreprises pour les régimes fiscaux simplifiés
Il
est proposé de ramener les durées d'option des entreprises
soumises de plein droit au régime des " micro-entreprises
", pour un régime réel d'imposition BIC ou pour
le régime de la déclaration contrôlée
BNC, de cinq à deux ans.
Pour
les entreprises nouvelles, il est proposé d'allonger le
délai d'option pour un régime réel d'imposition.
Ces entreprises pourraient exercer leur option jusqu'à
la date de dépôt de leur première déclaration
de résultats.
Enfin,
en matière de bénéfices non commerciaux,
il est proposé d'assouplir les modalités d'option
pour la détermination du résultat selon les créances
acquises et les dépenses engagées. Les contribuables
qui débutent leur activité non commerciale pourraient
formuler cette option jusqu'à la date de dépôt
de leur première déclaration de résultats.
D
- Modernisation et transparence des opérations de
développement des entreprises
Plusieurs
dispositions fiscales favorables ne seraient plus accordées
aux opérations réalisées avec ou par une
société située dans un paradis fiscal : les
sociétés et leurs associés ne pourraient
plus bénéficier, dans ces situations, des sursis
d'imposition et des exonérations réservés
désormais aux opérations réalisées
avec des Etats ou territoires ayant conclu avec la France une
convention fiscale contenant une clause d'assistance administrative
en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales.
Par
ailleurs, la sécurité juridique des opérations
serait renforcée en rendant plus transparentes les procédures
administratives. Dans de nombreuses situations, les entreprises
n'auraient plus à demander d'agrément préalablement
à la réalisation des opérations envisagées.
De même, la transparence des procédures d'agrément
serait considérablement accrue.
Enfin,
un certain nombre de règles fiscales particulièrement
complexes applicables à ces opérations seraient
simplifiées.
E
- Aménagement des régimes d'exonération
applicables en zone franche urbaine et en zone de redynamisation
urbaine
Afin
d'éviter une sortie brutale du régime des ZFU, il
est proposé un mécanisme dégressif de sortie
sur trois ans pour les exonérations fiscales des bénéfices
et de la TP.
S'agissant
des ZRU, les aménagements proposés, applicables
à compter du 1er janvier 2002, aboutiraient à un
régime fiscal unique plus large et plus simple, avec des
exonérations de TP et d'impôt sur les sociétés
pendant cinq ans.
V
- Politique fiscale "verte" : La protection de l'environnement
combinée à l'économie d'énergie
Le
projet d'écotaxe sur l'énergie défendu par
les verts est abandonné. Cependant, l'environnement n'est
pas totalement oublié : cinq mesures incitatives se combinent.
A
- Extension du crédit d'impôts pour dépenses
de gros équipements aux dépenses d'acquisition de
matériaux d'isolation thermique et d'appareil de régulation
de chauffage
Il
est proposé d'étendre le crédit d'impôt
de 15% pour dépenses de gros équipements aux dépenses
d'acquisition de matériaux d'isolation thermique et d'appareils
de régulation de chauffage fournis dans le cadre de travaux
éligibles au taux réduit de la TVA, payées
entre le 1er octobre 2001 et le 31 décembre 2002 et afférentes
à un logement affecté à l'habitation principale
et achevé depuis plus de deux ans.
Pour
accompagner cette mesure d'extension, le plafond des dépenses
ouvrant droit à l'avantage fiscal serait relevé
de près d'un tiers.
Le
crédit d'impôt, au taux de 15%, serait calculé
sur le prix, toutes taxes comprises, des matériaux et appareils
fournis par l'entreprise ayant réalisé les travaux.
B
- Extension et majoration du crédit d’impôt
pour l’acquisition de véhicules propres
Il
est proposé d’étendre aux véhicules acquis
à l’état neuf et fonctionnant exclusivement ou non
au gaz naturel véhicule (GNV) le bénéfice
du crédit d’impôt accordé en cas d’acquisition
d’un véhicule fonctionnant au moyen du gaz de pétrole
liquéfié (GPL) ou qui combine l’énergie électrique
et une motorisation à essence ou à gazole.
Par
ailleurs, afin de favoriser le retrait du parc automobile français
des véhicules anciens qui ne sont pas équipés
d'un pot catalytique, il est proposé de majorer de 50 %
le crédit d'impôt pour acquisition de véhicules
propres si l'achat d'un véhicule propre s'accompagne de
la mise au rebut d'un véhicule particulier immatriculé
avant le 1er janvier 1992, acquis par le contribuable depuis au
moins douze mois et en état de circulation, ce qui suppose
l'existence d'un contrôle technique et d'une assurance en
cours de validité.
C
- Amélioration du dispositif de réduction
de taxe professionnelle et de taxe foncière pour les investissements
destinés à économiser de l'énergie
Afin
de limiter le coût fiscal des installations antipollution
et d'inciter les entreprises à acquérir ou utiliser
des installations et matériels destinés à
protéger l'environnement et, notamment, celles qui renoncent
à pratiquer l'amortissement exceptionnel pour des motifs
tenant à la présentation du bilan et du résultat,
il est proposé de supprimer la condition tenant à
la comptabilisation, par le propriétaire (bailleur), de
l'amortissement exceptionnel.
Dès
lors, les biens en cause n'auraient plus à faire l'objet
d'un amortissement exceptionnel pour que les valeurs locatives
(qui servent à l'établissement des impôts
locaux) ne soient retenues qu'à hauteur de la moitié
de leur montant pour les installations destinées à
économiser l'énergie ou à la lutte contre
la pollution des eaux et de l'atmosphère.
D
- Prise en compte des travaux de désamiantage
Afin
d'inciter les propriétaires bailleurs de locaux professionnels
ou commerciaux à réaliser les travaux indispensables
à la protection de la santé des personnes qui y
travaillent, il est proposé d'ajouter à la liste
des charges déductibles des revenus fonciers les dépenses
d'amélioration destinées à protéger
ces locaux des effets de l'amiante.
E
- Prorogation de l'amortissement exceptionnel des biens
destinés à économiser l'énergie et
des équipements de production d'énergies renouvelables
Il
est proposé de proroger ce régime pour une durée
de quatre ans débutant au 1er janvier 2003, soit pour les
matériels acquis ou fabriqués avant le 1er janvier
2007. Le fait de prendre cette mesure par avance permet aux entreprises
de mieux planifier leurs investissements.
VI
- Mesures de simplification et de modernisation du paiement
des impôts
Les
mesures proposées apparaissent très mineures à
l'aune de ce qu'avait promis un temps le Ministre de l'Economie,
des Finances et de l'Industrie.
A
- Supprimer l'obligation d'informer l'administration en cas
de dispense ou de réduction d'acompte de certains impôts
L'obligation
selon laquelle le redevable doit informer le comptable du Trésor
par une déclaration écrite, datée et signée,
des modifications qu'il entend apporter aux versements de ses
acomptes serait supprimée à compter du 1er janvier
2002.
B
- Obtenir le sursis de paiement sans avoir à constituer
de garanties pour les réclamations de faible montant
Il
est proposé :
- d'instituer
un seuil en dessous duquel aucune constitution de garantie ne
sera demandée au contribuable ; ce seuil serait fixé
par décret à 3 000 € ;
- de
prévoir la suspension de l’exigibilité de la créance
et de la prescription de l’action en recouvrement dès lors
qu’un contribuable aura présenté une réclamation
d’assiette assortie d’une demande de sursis légal de paiement.
Cette mesure permettra d'éviter que les comptables ne soient
obligés de signifier des actes de poursuite au contribuable
uniquement pour interrompre la prescription de l'action en recouvrement.
C
- Elargir le paiement par virement de certains impôts
Il
est proposé :
- d'étendre
l'obligation de paiement par virement à la taxe spéciale
sur les véhicules routiers, à la cotisation sur
les boissons alcooliques et à certaines cotisations et
taxes sur les céréales et les graines oléagineuses
;
- de
fixer le seuil de virement à 7 600 € pour la taxe spéciale
sur les véhicules routiers comme pour la taxe générale
sur les activités polluantes, pour laquelle cette obligation
existe déjà ;
- pour
les impôts émis par voie de rôle et certaines
contributions indirectes, de poursuivre la baisse du seuil d'obligation
de paiement par virement ou par prélèvement et de
le fixer à 50 000 €.
D
- Simplifier des modalités de recouvrement de la
participation des employeurs à l'effort de construction
Il
est proposé que la cotisation de 2% soit liquidée
et versée par les employeurs eux-mêmes auprès
de la recette des impôts.
VII
- Soutien de la place financière de Paris et prise en
compte de la dimension européenne de la vie économique
Face
à la multiplication des opérations de fusions transfrontalières
s'étaient retrouvés actionnaires de sociétés
de droit étranger dont ils ne pouvaient légalement
maintenir les titres au sein de leur PEA. Désormais, tous
les émetteurs ayant leur siège dans la Communauté
européenne sont éligibles au PEA.
Cette
adaptation s'accompagne d'une simplification juridique et fiscale
des FCPR et FCPI.
A
- Ouverture des plans d'épargne en actions aux actions
européennes et aux placements dans l'innovation
a
- L'ouverture du PEA aux titres de sociétés européennes
Afin
de mieux prendre en compte la dimension européenne de la
vie économique, il est proposé de rendre éligibles
au PEA les titres de sociétés ayant leur siège
dans un Etat de la Communauté européenne.
b
- Le financement de l'innovation
Afin
d'orienter une part de l'épargne drainée par les
PEA vers le financement de l'économie de l'innovation,
les parts de fonds communs de placement à risque (FCPR)
et de fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI) deviendraient
éligibles au PEA à compter du 1er janvier 2002.
c
- Un relèvement de plus de 30% des plafonds de versement
sur le PEA
Pour
favoriser le renforcement des fonds propres des entreprises, les
plafonds de versements en numéraire pouvant être
effectués sur le PEA seraient relevés de 92 000
€ à 120 000 € pour les personnes seules. Les contribuables
mariés pourront ainsi verser 240 000 €.
B
- Modernisation du régime fiscal des fonds communs de placement
à risques et des fonds communs de placement dans l’innovation
a
- Elaboration d'un tronc commun légal pour l'ensemble
des fonds
Il
est proposé d'élaborer un tronc commun légal
pour l'ensemble des FCPR dans lequel les conditions relatives
aux quotas d'investissements et aux actifs éligibles seraient
harmonisées.
Toutefois,
certaines spécificités seraient maintenues pour
les FCPI en raison de l'existence d'un avantage fiscal supplémentaire
(réduction d'impôt).
b
- Adaptation de la fiscalité aux cycles d'investissement
des fonds
Les
délais accordés aux fonds pour respecter les quotas
d'investissement seraient assouplis et les fonds auraient la possibilité
de se placer en période de désinvestissement à
compter de la clôture du 5ème exercice, période
à compter de laquelle les quotas d'investissement n'auraient
plus à être respectés.
c
- La réduction d'impôt pour souscription de parts
de FCPI serait prorogée pour cinq ans
La
réduction d'impôt pour souscription de parts de FCPI
serait prorogée jusqu'au 31 décembre 2006.
VIII
- La prise en compte d'une jurisprudence de la C.J.C.E. : L'ouverture
d'un droit à déduction de la taxe sur la valeur
ajoutée pour les dépenses de gazoles utilisés
comme carburants dans les véhicules exclus du droit à
déduction
Afin
d'harmoniser le régime du droit à déduction
de la taxe sur la valeur ajoutée avec la sixième
directive du Conseil européen (cf. CJCE
14 juin 2001, C-40/00), il est proposé d'autoriser
les entreprises, dans le cadre de leur activité professionnelle,
à déduire, dans la limite de 80% de son montant,
la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux dépenses
de gazoles utilisés pour des véhicules ou engins
exclus du droit à déduction.
Cette
déduction partielle s’appliquerait également aux
véhicules pris en location lorsque le preneur
IX
- Compensations allouées aux collectivités territoriales
au titre des rôles supplémentaires de taxe professionnelle :
la fin d’un contentieux récurrent entre l’Etat et les collectivités
territoriales
A compter
de 2002, le calcul de la compensation versée en contrepartie
de la réduction pour embauche ou investissement prendrait
en compte les rôles supplémentaires émis au
cours de l'année précédente, soit pour la
première fois en 2001. Pour l'abattement de 16%, la compensation
resterait limitée, comme actuellement, aux seuls rôles
généraux.
Pour
le passé, afin d'éviter une pénalisation
financière des collectivités locales, une compensation
leur serait attribuée, tant pour l'abattement de 16 % que
pour la réduction pour embauche ou investissement.
Pour
l'abattement de 16%, la compensation serait versée par
abondement proportionnel de la dotation de compensation de la
taxe professionnelle.
Pour
la réduction pour embauche et investissement, la dotation
de compensation de la taxe professionnelle allouée à
chaque collectivité serait abondée d'un montant
forfaitaire égal à 8% des rôles supplémentaires
effectivement établis au cours des années 1998 à
2000.
Le
versement de ces compensations serait fractionné sur une
période de quatre ans pour la première et de trois
ans pour la seconde.
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