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LES
RESSOURCES PROPRES COMMUNAUTAIRES
L'Union
dispose, pour le financement de ses dépenses, de
ressources propres, se définissant comme des recettes
de nature fiscale qui lui sont affectées une fois
pour toutes et qui lui reviennent de droit sans qu'aucune
décision ultérieure des autorités nationales
ne doive intervenir.
I - La genèse et l'évolution des ressources
propres communautaires
Dès
l'origine, au moment de l'entrée en vigueur du traité
de Paris en 1952, l'existence de ressources propres à
la Commission européenne du charbon et de l'acier
(CECA) était acquise. En revanche, les traités
de Rome, signés en 1957, prévoyaient le financement
des deux Communautés CEE (Communauté économique
européenne) et CEEA (Communauté européenne
de l'énergie atomique) par des contributions financières
des Etats. Il était cependant prévu que des
ressources propres pourraient être mises en place
lors de l'établissement de l'union douanière.
Sur
cette base, la décision du 21 avril 1970 a permis
de remplacer les contributions nationales par un système
de ressources propres comprenant les prélèvements
agricoles, les droits de douane et une ressource permettant
d'équilibrer le budget par application d'un taux
de 1 % - porté à 1,4 % en 1985 - sur l'assiette
de la taxe sur la valeur ajoutée perçue dans
les Etats membres.
La
Commission, confrontée en 1984 à l'épuisement
des ressources propres et en attendant qu'une solution soit
trouvée par la révision de la décision
relative au système des ressources propres des Communautés,
avait proposé initialement la mise à disposition
par les Etats membres des montants nécessaires sous
forme de prêts portant intérêt et avait
modifié sa proposition, pour tenir compte des réactions
du Conseil et du Parlement, en remplaçant la formule
de prêts par une formule d'avances sur les nouvelles
ressources propres sans intérêts.
Finalement,
les gouvernements des Etats membres se sont engagés
à verser à la Communauté en 1984, sous
forme d'avances remboursables, les montants nécessaires
pour financer le projet de budget rectificatif et supplémentaire
n° 1/1984. En avril 1985, les représentants des
gouvernements des Etats membres se sont engagés à
verser à la Communauté des avances pour compléter
le financement du budget de 1985 ; les montants versés
constituaient cette fois des avances non remboursables.
La
réforme des finances communautaires de 1988 a modifié
et élargi la composition des ressources propres de
la Communauté, notamment en créant une nouvelle
catégorie de recettes, fondées sur le PNB,
qui provient de l'application d'un taux à la somme
des PNB de tous les Etats membres. Désormais, la
ressource fondée sur le PNB est plus importante que
les ressources propres traditionnelles et la ressource TVA.
En outre, pour encadrer la croissance des ressources prélevées
par la Communauté, la décision du 24 juin
1988 a établi un plafond global atteignant 1,20 %
du total du PNB de la Communauté en 1992. Dans l'attente
d'une nouvelle décision sur les ressources propres,
le plafond de 1,20 % est resté d'application pour
les exercices 1993 et 1994.
Conformément
aux conclusions du Conseil européen d'Edimbourg,
une nouvelle décision relative au système
des ressources propres a été arrêtée
le 31 octobre 1994. Cette décision porte le plafond
des ressources propres à 1,21 % du PNB en 1995 et,
par étapes, jusqu'à 1,27 % du PNB en 1999.
Le taux uniforme de la ressource TVA a été
ramené progressivement de 1,4 à 1 % en 1999
et l'assiette de la TVA à prendre en compte a été
limitée, par étapes également, à
50 % du PNB au lieu de 55 % actuellement. Les Etats bénéficiaires
du Fonds de cohésion ont vu leur assiette TVA limitée
à 50 % du PNB dès 1995.
II - La situation actuelle des ressources propres communautaires
Les
perspectives financières 1993-1999 arrivant à
leur terme, et alors qu'il convenait de conclure les négociations
sur l'Agenda 2000 en prévision de l'élargissement,
le Conseil européen de Berlin a dégagé
un accord politique, les 24 et 25 mars 1999, sur les nouvelles
perspectives financières 2000-2006 et sur la révision
du système de financement de l'Union européenne.
Les
conclusions du Conseil forment la base d'une nouvelle décision
sur les ressources propres adoptée le 29 septembre
2000, qui, après ratification par tous les parlements
nationaux, prendra effet au 1er janvier 2002.
Le
maintien de la correction britannique et du plafond des
ressources propres fixé à 1,27 % du PNB a
été confirmé. En revanche, des changements
sont introduits concernant, d'une part, le volet financement
du budget et, d'autre part, le financement de la correction
britannique.
En
ce qui concerne le volet financement, la nouvelle décision
a prévu l'augmentation, à partir du 1er janvier
2001, du pourcentage des ressources propres traditionnelles
retenu par les Etats membres pour couvrir les frais de perception
et les activités connexes, qui passent de 10 % à
25 %. En outre, le taux d'appel maximal de la ressource
TVA sera ramené à 0,75 % en 2002 et 2003 et
à 0,50 % à compter de 2004.
De
nouvelles règles ont également été
instaurées à propos du financement de la correction
britannique. Premièrement, la part de l'Autriche,
de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Suède dans
ce financement sera réduite à 25 % de sa valeur
normale. Deuxièmement, les gains exceptionnels du
Royaume-Uni découlant de l'élargissement et
de l'augmentation du pourcentage des ressources propres
traditionnelles retenu par les Etats membres seront neutralisés.
III - Le débat sur un impôt européen
Pour
aller de l'avant, l'Union européenne doit parvenir
à une plus grande autonomie financière. Parallèlement
aux ressources propres traditionnelles, elle doit donc se
doter d'une source indépendante de revenus. On peut
d'ailleurs observer que la ressource fondée sur le
produit national brut (PNB) a augmenté régulièrement
entre 1998 et 2001, alors que les ressources propres traditionnelles
et la ressource TVA ont diminué.
De
nombreuses propositions ont été avancées
à cet égard par le Premier ministre belge,
le président Romano Prodi, la commissaire en charge
du budget, le Premier ministre luxembourgeois ou le ministre
allemand des finances. La présidence belge évoque
notamment la piste d'un impôt européen prélevé
sur les nouvelles fiscalités (énergie et société
européenne) .
L'introduction
d'un impôt européen pour augmenter le budget
de l'Union devrait être précédée
par une meilleure coordination fiscale, et suscite pour
cette raison des réserves de la part du gouvernement
britannique, opposé à toute initiative en
matière d'harmonisation des taxes.
La
présidence belge envisage de mettre ce sujet à
l'ordre du jour du Conseil européen de Laeken en
décembre. Les prochains mois devraient voir les discussions
s'intensifier.
Quant
à lui, le rapporteur tient à souligner l'intérêt
que comporterait la mise en place d'un impôt européen
constitué d'une part de l'impôt sur le revenu.
Un impôt prélevé sur les personnes physiques
constituerait un lien direct et visible entre les citoyens
et l'Union. Il procurerait des recettes stables, et potentiellement
élevées. Naturellement, l'instauration éventuelle
d'un impôt européen devrait être effectuée
à sommes constantes et accompagnée de transferts
de nouvelles compétences à l'Union, afin de
ne pas entraîner de charges supplémentaires
pour les contribuables. Il supposerait également
une harmonisation préalable des bases.
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