Audit de la situation des finances publiques
Pour
en savoir plus : Dossier
complet (sur le site du MINEFI)
Le
16 mai 2002, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a "commandé"
un audit de la situation des finances publiques à MM. Bonnet
et Nasse, qui avaient réalisé l'audit "commandé"
en 1997 par Lionel Jospin. Jean-Pierre Raffarin souhaitait une
"analyse des écarts entre les évaluations arrêtées
lors de l'élaboration du dernier programme pluriannuel
des finances publiques, la loi de finances pour 2002 et la loi
de financement de la Sécurité sociale pour 2002
et les estimations qu'il est possible aujourd'hui d'opérer".
Les résultats de l'audit des finances publiques ont été
présentés officiellement jeudi 27 juin 2002 par
Francis Mer, ministre de l'Economie et des Finances, et Alain
Lambert, ministre délégué au Budget. Les
estimations ont été réalisées à
législation constante, c'est à dire qu'elles n'ont
pas intégré les mesures annoncées par le
nouveau gouvernement.
Synthèse
du rapport d'audit :
-
L'Etat :
La
comparaison des principales hypothèses macroéconomiques
fait apparaître un écart entre les prévisions
de la loi de finances initiale pour 2002 (LFI) et les résultats
de l'audit. Concernant le PIB, la LFI prévoyait
une croissance de 2,5% en 2002 ; le rapport d'audit prévoit
une croissance de 1,3%. Selon la LFI, les prix à
la consommation augmenteraient de 1,5% en 2002 ; l'audit
prévoit une augmentation de 1,7%. L'augmentation de la
masse salariale privée serait, selon la LFI, de 5% ; selon
le rapport d'audit, elle serait de 3,9%. Enfin, l'emploi
salarié augmenterait de 1,7% en 2002, selon la
LFI, et de 0,9% selon le rapport d'audit.
-
Les recettes fiscales, selon les prévisions
de la LFI pour 2002 s'élèveraient à 250,4
Md€. Ces prévisions avaient été revues
à la baisse en février 2002 (-3,6Md€). L'écart
attendu, selon le rapport d'audit, varierait entre -3,7 et -5,4
Md€.
-
Le volume des recettes non fiscales est
rectifié à la baisse, par rapport à la LFI,
selon une fourchette variant de -2,8% à -3,3%.
-
Concernant les dépenses, le rapport
d'audit constate un dérapage brut de l'ensemble de la dépense
2002, tous budgets confondus, à un montant compris entre
10,3 et 10,8 Md€. Parallèlement, les économies
réalisables sont estimées à 3,4 Md€.
Le dérapage net oscille donc, selon le rapport d'audit,
entre 6,9 et 7,4 Md€, dont 5 Md€ au titre du budget
général.
-
Le déficit du budget de l’Etat
pour 2002 serait évalué, en comptabilité
nationale, à une valeur comprise entre 45,8 Md€ et
48,5 Md€, soit entre -3 et -3,2 points de PIB, à comparer
au chiffre de -2,4 points de PIB retenu lors de l’élaboration
de la LFI.
-
Les Organismes divers d’administration centrale (ODAC) :
Ces
organismes concourent à la mise en œuvre de l’action
publique. Il en existe plusieurs centaines. Les auteurs de l'audit
ont examiné les quatre organismes les plus importants :
la Caisse d’amortissement de la dette sociale, le Fonds
de financement de la couverture maladie universelle, le Fonds
de réserve des retraites et la structure de cantonnement
des anciens actifs du Crédit lyonnais (EPFR). La capacité
de financement de ces organismes est évaluée à
un montant compris entre 9,3 et 9,5 Md€, soit environ plus
0,6 point de PIB.
-
Les administrations de sécurité sociale (ASSO) :
Ont
été étudiés les comptes du Régime
Général et des régimes spéciaux des
salariés, des régimes des non salariés, des
régimes complémentaires de retraites, et des autres
organismes de sécurité sociale, notamment l’UNEDIC.
Selon le rapport d'audit, cette étude est d'une "complexité
excessive". L'évaluation résultant de l'audit
fait apparaître, par rapport à la loi de financement
de la sécurité sociale 2002 et à la partie
sociale de la loi de finances initiale 2002, des écarts
importants concernant l’objectif national de dépenses
d’assurance maladie (ONDAM), les recettes assises sur la
masse salariale privée et le coût du chômage.
La croissance de la masse salariale privée étant
revue à la baisse (3,9% au lieu de 5%), par conséquent,
les cotisations et la CSG assises sur cette masse le sont également,
ce qui entraîne une détérioration globale
des comptes sociaux de l’ordre de 2,9 Md€.
Concernant le déficit des administrations de sécurité
sociale, la situation du Régime Général
est plus dégradée, par rapport aux prévisions
de la loi de financement : le déficit d’ensemble
serait compris entre 3,5 Md€ et 3,9 Md€ en comptabilité
nationale. Dans la comptabilité des Caisses, le déficit
correspondant serait de 2,0 à 2,4 Md€. Le déficit
des régimes d’indemnisation du chômage, UNEDIC
et AGS, est évalué entre 1,9 Md€ et 2,1 Md€
; celui des fonds spéciaux, notamment FOREC, FSV, FAPA,
FCAATA, FCATA, s’établirait entre 0,9 Md€ et
1,4 Md€ ; les régimes complémentaires, AGIRC,
ARRCO, IRCANTEC, AGFF, feraient apparaître un excédent
de l’ordre de 6,3 Md€ ; les régimes indépendants
et particuliers ainsi que les organismes divers d’administration
sociale (essentiellement hôpitaux) restent très proches
de l’équilibre. Au total, le déficit des administrations
sociales en 2002, selon les définitions de la comptabilité
nationale, serait compris entre zéro et 1,1 Md€, soit
-0,1 point de PIB.
-
Les administrations publiques locales (APUL) :
Il
s'agit des régions, des départements et des communes,
ainsi que des nouvelles entités intercommunales. Le rapport
d'audit ne fournit que des grandes tendances, le nombre de ces
administrations étant très élevé.
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